La place d’Antonio Machado

1–2 minutes

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Depuis un mois, je travaille en centre d’appel : je renseigne les voyageurs de la région Occitanie, dont certains vont de Port Bou à Cerbère, de Banyuls à Collioure ou d’ici à ailleurs.

Et comme le quotidien fragmente les journées en fractions de vies, les habitudes effacent le discernement.
Ce soir, après un mois du même trajet à horaires variables, j’aperçois le nom d’une place à mi-trajet : Antonio Machado. Comme si ce soir était le premier.

Il se trouve qu’en ce moment je lis Hotel du Rayon Vert, Franck Pavloff, conseillé par mon père, mon éternel bibliothécaire, dans lequel divers curieux personnages se livrent sur le chemin d’Antonio Machado.
J’y découvre une région ainsi qu’un poète, en poésie, que demander de plus d’un livre ?

Je décide de voir en ce signe, celui de la période d’ajustement. Une superstition, proche du réalisme magique, me dit que je saurai à nouveau voir les instants de beauté dans un quotidien d’ennui, faculté personnelle et cultivée.

Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Antonio Machado – Caminante

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