Introduction
Enfin ! On voudrait le dire, et même le chanter : voilà l’été !
Petits et grands ont fait des plages leurs royaumes. Sous le soleil, très exactement, le bonheur ruisselle, se dispense de rire en rire, de visage en visage. Touristes ou locaux, de passage ou résidents, toutes et tous se permettent d’être heureux, avec la même simplicité que les vagues roulent et ne cessent de mourir en écume.
Une senteur chaude imprègne l’air. Le ciel est d’un bleu très pur. Qui songerait à peiner en soupirant sans discontinuer sur ses cahiers de vacances ? Le temps est à la détente, aux fêtes, à la douceur de vivre.
Sous ce grand soleil, certaines mythologies désuètes mériteraient pourtant un nouveau style. Des êtres, des paysages, des désirs que l’on pense n’avoir que trop décrits se révèlent beaux et attendrissants, délicieux, lorsqu’ils sont saisis avec un autre regard.
Ce seront de curieux devoirs de vacances que ces quelques textes. Ils auront la fraîcheur des glaces et la vigueur des vagues qui vous transporte. Ils auront aussi, nous l’espérons, la caresse et la force du soleil.
Et par-dessus tout, ces textes ont pour vocation d’être parcourus comme on lit sur les plages et sous les tonnelles : d’un œil distrait, encore somnolent après la sieste, un sourire léger aux lèvres.
1. Les petites juments de Diomède
Que serait l’été sans ses jeux d’enfants ? Retrouvailles des cousins et des amis d’enfance autour d’une même table ; entre la sieste, la plage et le repas, il faut bien que cette marmaille exaltant sa joie de vivre puisse s’occuper.
Alors, dans la chambre aux volets clos, on fouille la vieille armoire aux odeurs de camphre, on écarte la boîte à biscuits ou le sac de billes, et derrière les couvertures empilées, dans un carton aux pans maculés d’une pellicule de poussière on retrouve quelques jeux de société.
Celui des « petits chevaux » fait figure de classique parmi les classiques. Des comiques de tous horizons se sont sans doute gaussés de ces jeux qui exaspèrent au lieu de réjouir… ils n’avaient pas tort.
Comment retenir ses cris lorsque notre cheval, après avoir péniblement évincé tous ses adversaires, se trouve enfin aux portes de son podium, alors qu’il suffit que le dé indique un unique point couleur ébène, juste cela, « Fais-moi un Un, fais-moi un Un ! »
Les petits trépignent, pressentent derrière eux la venue imminente des autres chevaux carnassiers. Qui a peur du grand méchant cheval ? Eux, bien sûr, eux qui connaissent bien leurs faiblesses de petits, leur appréhension devant les grands et cette poursuite qui ne cessera que dans un drame… fais-moi un Un, juste un Un, ne le garde pas pour plus tard, fais-le maintenant, maintenant…
Trop tard. Un autre cheval a fait trois, quatre ou cinq. Et notre cheval est croqué. Mangé. Bouffé. Retour à « l’écurie de départ ».
Il est peu de sentiments plus troublants que cette succession d’envolées et de retombées, de satisfaction et de déception.
Dans ce jeu, il est commun de se dévorer l’un l’autre, celui qui prend l’un sera bientôt pris par un autre. C’est ce dont se réjouissent les plus jeunes, dans un chaos d’imprécations violentes. « Tu m’as mangé, je vais te manger toi ! » et ainsi de suite, jusqu’à ce que tous les chevaux aient échappé à ce carnage, trouvant une libération dans leur escalier vers le divin chiffre six, les sauvant et offrant à leur cavalier sa victoire.
Fascinante aberration zoologique que ces chevaux carnassiers. Aberration, vraiment ? Hercule, en son huitième Travail, eut à affronter les juments de Diomède. Braves canassons, se nourrissant de chair humaine…
Il est souhaitable que nos menaces anthropophages se limitent au vent des mots prononcés. Jeux d’enfants, qui mangent et craignent et désirent se faire manger – écoutez leurs rires affolés, entre la joie pétillante et le cri d’effroi.
Au-delà du danger et des mécanismes de vengeance, nous pouvons voir un merveilleux apprentissage sous la double bénédiction du soleil et de la mer. L’innocence de ce jeu n’est qu’apparente.
Combien de fois le cheval doit-il sortir de sa rassurante écurie, cavaler, piétiner, piaffer au rythme du dé qui l’anime, craignant cent fois pour sa vie, luttant toujours, toquant presque de son sabot aux portes du podium… pour finir met de choix d’un joueur moins conciliant, qui le dévore, le croque d’une seule bouchée, le renvoie au grand Zéro, l’écurie, la disgrâce.
Y aurait-il un seul joueur, petit ou grand, pour préférer la quiétude de l’écurie aux incertitudes de la cavale ? Pas un ! Tous se précipitent une fois le six obtenu et en avant petit cheval, en avant, galope, galope toujours plus loin !
La lutte est belle, la révolte constante. Le cheval ne cesse de reprendre là où il a échoué, s’élance dans un affrontement avant tout dominé par le hasard, s’obstinant, persuadé d’avoir raison : c’est dans le mouvement qu’est la vie, c’est l’action qui précise la victoire.
Peu importe les échecs, même les plus durs d’entre eux (ceux qui surviennent au bord de l’apaisement, à un cheveu d’une citadelle accueillante), ces échecs-là comptent pour rien, la courte blessure de l’ego exceptée. Toujours, s’échapper d’une bienheureuse et trop étroite écurie pour se jeter dans une odyssée qui ne se conclurait pas sur les murs d’Ithaque, mais dans les cimes du paradis !
Toujours : lutter, avancer, se reprendre, se révolter, avancer, avancer encore. En se moquant bien des prédateurs – des juments de Diomède.
2. Châteaux de sable
Rien de plus éphémère, rien de plus éternel qu’une plage de sable fin.
Pelles, seaux et râteaux, inanimés, inutiles en soi, n’attendent que les mains d’enfants, d’adolescents ou d’adultes pour être rendus à une vie éphémère.
Or, il n’est rien de plus éphémère, rien de plus éternel que l’art. Et il n’est rien de plus beau, rien de plus difficile que de bâtir un château de sable.
Sur ce sujets, parents obsessionnels et enfants obstinés nous parleront d’architecture, de matière, de consolidation et d’écoulement. D’autres constructeurs estivaux improviseront des édifices de sable au gré de leur inspiration.
Brisons là le suspense, au risque de décevoir celles et ceux qui nous lisent : obsessionnels et inspirés ont tous raison et tort puisque leurs châteaux de sable disparaîtront.
C’est l’égalité la plus totale, la justice la plus impartiale qui se puisse concevoir. Le vent effritera un à un les grains de sable de chaque tour, chaque muraille. Les vagues noieront les douves, assiégeront l’enceinte. Et finalement, l’eau salée emportera dans le néant ce sable qui retournera au sable. Et le château édifié dans une effervescence heureuse ou dans une méthode rigoureuse disparaîtra jusqu’à ne laisser qu’un souvenir pâli.
Voilà de quoi démoraliser les futurs artistes, vous ne trouvez pas ?
Non ?
Non, en vérité. C’est une étrange particularité de l’humain, et sans doute la source de toutes ses grandeurs. Il nous est impossible de croire en la mort, de la penser. Et de fait, nous agissons comme si elle n’existait pas. Nos créations sont toutes, toutes sans exceptionéphémères, et nous les créons comme si toutes, toutes sans exception, étaient éternelles.
Créer pour l’éphémère devrait nous dissuader de saisir la moindre pelle et pourrait nous faire briser tous les pinceaux, tous les stylos, toutes les caméras du monde. Puisque tout va disparaître dans une grande Apocalypse, puisque dans quelques millions d’années Socrate et Rimbaud et tous les vivants seront consumés dans la mort du soleil, quel est l’intérêt de l’art ? Pourquoi se donner tant de mal ?
Mais l’humain comme l’enfant (de corps ou de cœur) qui ne cesse de prendre et reprendre son château de sable, cette personne ne raisonne pas ainsi. Elle raisonne même à l’inverse, en suivant une logique qui se trouve être l’exact opposé des bras las et ballants le long du corps.
L’artiste lève ses mains vers les murs silencieux de sa caverne ou la page blanche autour de laquelle son esprit gravite. Il anime son corps d’ondes de chaleur et de lumière pour danser sur des planches de bois verni. Au contraire, il lève le menton, entrouvre les lèvres et chante, clame un texte ou dirige un œil mécanique qu’il croit le sien pour créer et capturer des images.
L’artiste est mortel, son œuvre l’est tout autant, et pourtant, il crée encore, il crée comme l’enfant sur la plage. Joie de bâtir, joie de créer, joie de peupler le vide d’un élément qui auparavant ne s’y trouvait pas et à présent possède son existence propre.
Incorrigible être humain, merveilleux artiste. Tenant la main de sa mère ou sautillant aux côtés de son père, son épuisette sur l’épaule comme un grand, il s’éloigne de la plage sur laquelle le soleil se couche. Un instant, il se retourne, juste un instant, et il voit déjà sa création n’être plus qu’une ombre. Bientôt, la mer l’aura ravalé et il n’en restera rien.
Peu importe, finalement. L’enfant comme l’artiste le savent bien, au-delà de leur frustrations et de leur fatuité respectives. La mort n’existe pas, seul importe de créer, d’aimer – de vivre.
3. Libre amour de vacances
Peut-être n’existe-t-il que deux catégories d’amoureux : ceux qui sont heureux et ceux qui ne le sont pas.
Au risque de paraître pessimiste, je dirais que l’on trouve des insatisfaits dans les deux camps. Ceux qui sont heureux se lamentent concernant les difficultés que rencontre leur couple ; ceux qui ne sont pas heureux voudraient bien avoir de telles difficultés, eux qui peinent à trouver leur « moitié », leur « âme sœur », suivant les vocables de chacun.
J’ironise, et je ne devrais pas. Le sujet est sérieux, c’est peut-être le plus sérieux de tous. Je ne suis pas loin de considérer qu’en dehors de l’amour, du désir et du bonheur qu’ils procurent, rien ne vaut d’être vécu.
Le merveilleux de notre époque tient dans sa diversité sur ce point, mais aussi dans le vacillement de la coutume qui reconnaît, peu à peu, que le couple monogame et hétérosexuel n’est pas l’unique possibilité.
Il faudrait écrire tout un livre sur cette question, et nous reviendrons sans doute sur les liens qu’entretiennent nos désirs, nos visions de la société, nos rapports aux autres, nos amours, nos affections, etc. Mais pour l’heure, nous sommes encore en vacances – attendons la rentrée pour mener à bien cette tâche laborieuse…
Pour l’heure, attardons-nous sur cet exemple de pure liberté, cette singulière alchimie : les amours de vacances.
Étrange union, si belle, sous un éternel soleil. Idylles que l’on fantasme ou que l’on éprouve passionnément – heureuses, en tout ou partie heureuses.
De tels amours appartiennent à chacun, quoique chacun ne les aient pas vécu personnellement. Il ne servirait à rien de les décrire, puisque ce serait n’en faire qu’une esquisse imprécise. Tout au plus pouvons-nous remarquer cette constante entre tous ces amours : l’amour de vacances, comme son nom l’indique, ne dure qu’une saison.
Peut-être est-ce le gage de sa beauté. Cette troublante certitude que, quoi qu’il advienne, les membres de cette union se quitteront sur un dernier baiser, une ultime étreinte, et ne se reverront plus jamais.
Il y a de la beauté dans de telles ruptures. Peut-on encore parler de rupture, d’ailleurs ? Une séparation sur un sourire, un amusement si sérieux durant des semaines, et plus rien.
Ici, nous pouvons remarquer une grande liberté dans cet amour. Je le dirai en mon nom propre : j’y vois une forme de sagesse. J’aime que certains désirs soient vécus ainsi, avec une aisance et une franchise sans égal. Et allant plus loin, je suis curieux d’un monde où tous les amours auraient la limpidité des amours de vacances.
Sans en avoir l’air, nous avons dépassé les limites du couple « classique » pour entrer dans un univers d’amour libre. Amour simple, amour de joie et de pureté, amour sans inquiétudes quant à l’avenir puisque d’ores et déjà l’avenir se trouve réduit à un dernier soleil, une date sur un calendrier. Aucune ambiguïté, ni faux-semblants, ni même nécessité d’un mensonge à la pensée que cet amour se délite en siilence. Seulement l’essence, la délicatesse et la grande joie d’un amour qui se sait voué à disparaître.
Comment ne pas vivre passionnément cette histoire ?
Il est temps, il est l’heure : vivons nos amours de vacances, vivons-les s’ils s’offrent à nous comme autant de miracles.
Leur liberté est des plus pures.
4. Héliotropisme
On dit les français chauvins. Il faudrait plutôt dire qu’ils sont, pour la plupart, locaux.
Nombreux, à demi-mot ou de façon lyrique, se délectent de leur patelin ou leur région. Souvent, ces affections sont sincères, puisque désintéressées. Elles sont le gage d’une certaine conception du monde, qui n’est pas si xénophobe qu’on pourrait le penser – j’en veux pour preuve la multiplication des associations, actions et solidarités locales au cours de la dernière décennie.
Ainsi nous sommes revenus aux temps grecs : chacun défend sa cité, prône sa grandeur, ne voit de beauté et de quiétude qu’en elle.
Cette distinction entre « nous » et « vous » n’est jamais plus flagrante qu’en cette période estivale. Les gens du nord descendent dans le sud et ceux du sud voient avec un mélange de plaisir, de moquerie et de dédain ces vacanciers rejoindre pour une à quatre semaines leur univers familier. Qu’ils nomment ces estivants des « étrangers » a de quoi laisser pensif…
Ne nous dissimulons pas les méfiances respectives. Descendant dans le sud, nombre de gens du nord voient encore les habitants à l’année de ces paysages enchanteurs comme des barbares, en tout cas des êtres fort étranges. Ainsi, de part et d’autre, reprenant la formule de Montesquieu, les uns pourraient s’étonner « Comment peut-on être provençal ? » et les autres de répondre « Comment peut-on être du nord ? ». Nous noterons au passage que les divergences sont nombreuses, que ce soit entre provençaux ou gens du nord : la frontière se situe aux entours de Valence, d’Avignon, voir d’Aix-en-Provence pour les plus provençaux. Et chacun de se rassurer, satisfait d’appartenir à un territoire bien moins vaste que la terrifiante France. Montpellier, la Dordogne ou la région Rhône-Alpes, voilà des cocons plus apaisants…
Pour dépeindre et vanter son territoire, les arguments peuvent s’additionner dans des listes sans fin.
Aux uns manqueront le soleil, la douceur de vivre, la Méditerranée, à d’autres l’ivresse des grandes villes, les grandes étendues campagnardes ou les hautes montagnes enneigées. Chacun, ce faisant, ne cessera de décrire avec bonheur sa terre natale, sa localité d’adoption, sa région favorite.
Gageons qu’à la fin de l’été les uns et les autres se trouveront réconciliés. Rassasiés de soleil les gens du nord regagneront leurs contrées froides et pluvieuses. Et sur les plages de Provence ne se délasseront que les gens du sud.
Et chacun, en secret, enviera et se moquera un peu de l’autre, pour des raisons bien différentes.
5. Entomologie des baigneurs
Si nous étions les rédacteurs d’un magazine de l’été, nous pourrions vous aguicher de façon éhontée avec un titre tel que : « Quel type de baigneurs êtes-vous ? »
Suivraient une dizaine de questions au terme desquelles, récoltant une majorité de ronds ou de carrés, vous sauriez en quelque ligne à quelle tendance vous appartenez.
Nous n’écrivons pas un magazine de l’été, mais le fait est qu’il existe des types de baigneurs. Une journée sur la plage suffirait à nous en convaincre.
Il y a les dionysiaques, pour qui se baigner revient à créer des confettis d’écume, des nuées de gouttelettes à grand renfort de gifles sur les vagues, galvanisé par leurs propres hurlements de joie.
Il y a les placides, qui barbotent paisiblement, appréciant le plus souvent une brasse tranquille. Un sourire sur leur visage flotte, tout comme eux.
Il y a les vigoureux, qui nagent dans de larges détentes de leurs muscles, mouvements précis, fendant les vagues. À les croiser dans l’eau, on les laisse prudemment passer. Ils nous ont à peine vu, du reste, trop occupés par leur performance, leur objectif.
Il y a les voluptueux, n’aimant rien tant que reposer sur le dos, lascifs, le visage offert au soleil. Les vagues les caressent et les bercent, les apaisent. Les bras en croix, ils sont des Christs heureux, sans supplices ni peine.
Et enfin, il y a ces baigneurs qui ne sont que demi-baigneurs, préférant le sable à l’eau salée.
Les poseurs, se tenant avant tout les deux pieds plantés dans le sable chaud. Souvent athlétiques d’aspect, beaux et le sachant, ils se pavanent en jetant de grands coup d’œil aériens sur tous les parasols. Pour un peu, on les prendrait pour des maîtres-nageurs de légende.
Les indécis, eux, n’osent pas, ne veulent pas tout de suite. Longtemps, ils hésitent sur le sable, encore tout habillés, ne voulant pas marcher jusqu’aux vagues, trop froides, trop mouvantes, parce qu’ils se sentent trop gênés, trop encombrés de leur propre nudité.
Ce n’était là qu’une galerie des portraits. Ainsi que nous l’avons écrit, nous ne rédigeons pas un magazine de l’été. Loin de nous l’idée de dresser par ces exemples un portrait « psychologique » (notez les guillemets), puisque nous n’avons pas cette outrecuidance.
Cependant, il peut être bon de s’interroger, de se questionner parfois avec indulgence. Ces portraits auront, nous l’espérons, cette valeur.
Conclusion (Les oiseaux migrateurs)
Le soleil n’est pas encore chaud.
Dans la voiture, il regarde par la fenêtre le bleu presque blanc du ciel et l’autre bleu, de la mer. Elle, repense aux visages, aux fêtes, à cet équilibre qui les portaient d’un jour à l’autre.
Et à présent, c’est le dernier jour, le dernier matin. L’odeur de sel demeure sur ses lèvres depuis la dernière baignade. Et le souvenir de ses baisers.
D’ici quelques heures, ils reviendront dans les rues grises, les campagnes plates trempées de rosée. Ils n’oublieront ni la chaleur, ni les vagues tranquilles.
Et tandis que la mer glisse par la vitre, tandis que les pins se mêlent et disparaissent dans le rétroviseur, ils se demandent si ce soleil, cette mer, ces tuiles roses continuent d’exister lorsqu’ils vivent loin d’ici.
Tant de joies, de liberté, de lumière ininterrompues ne peuvent pas se concevoir.


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