Lorsqu’on souhaite paraître responsable, il faut aussi l’être.
Cette semaine, le Palais Bourbon a été le théâtre d’une piètre mise en scène. La Première ministre Elisabeth Borne s’insurgeait contre deux réactions politiques, deux courants montant à elle comme une mer. Le premier, le plus bruyant, constitué des députés de La France Insoumise, n’était que clameurs et protestations ; le second, plus perfide, constitué des députés du Rassemblement National, n’était que tempérance et discrétion.
Oui, il est bien question de perfidie lorsqu’un parti d’extrême-droite prône le dialogue et se targue d’avoir redonné ses honneurs à la liberté.
Drôle de liberté que celle clamée par un parti qui souhaite voir triompher l’isolement et la répression, ne cesse de stigmatiser des communautés entières et se prétend, dans le même temps, porte-parole de la France alors qu’il n’en est que l’ersatz monstrueux.
Car il s’agit ici de théâtre, et du plus mauvais qui soit : de mauvais textes, une mauvaise mise en scène et de très mauvais acteurs. Une hypocrisie mal tenue, une grimace si grossière qu’elle ne tarde plus à être visible sous le masque. Et c’est cette grimace qui intéresse celles et ceux qui ne verront jamais dans la différence un danger, mais un bienfait.
La craquelure la plus disgracieuse émane de Caroline Parmentier, attachée de presse de Marine Le Pen. En 2018, dans un quotidien d’extrême-droite, Présent, Mme Parmentier n’hésitait pas à comparer l’avortement à un génocide :
« […] après avoir génocidé les enfants français à raison de 200 000 par an, on doit maintenant les remplacer à tour de bras par les migrants. »
Les propos intolérables de Mme Parmentier, non contents de la déshonorer, répandent leur limon sur son parti, ses membres et ses adhérents. Cette proche collaboratrice de Marine Le Pen n’est en rien renégate au sein du parti. Elle y est suffisamment élevée, elle y possède un pouvoir tel que ce limon la salie et discrédite tous les appels au calme et tous les sourires de façade que pourrait afficher le Rassemblement National.
Quant à rendre compte de telles paroles, Mme Parmentier connaît la procédure. Devant la justice, elle eut déjà à comparaître pour diffamation et injure raciales, provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale. Pour, à la suite de ce jugement, changer d’état d’esprit, questionner ses opinions, comprendre l’autre ?
Non. Mme Parmentier ne veut pas changer, et du reste son parti ne le veut pas non plus – bien au contraire, le Rassemblement National la porte aux nues. On le voit, l’extrême-droite ne s’encombre ni de honte, ni de finesse.
Caroline Parmentier est devenue le symbole de cette extrême-droite décomplexée quoique hypocrite, une extrême-droite qui, bien que présente à l’Assemblée Nationale sous des apparences proprettes, demeure propagatrice d’idées insultantes et d’opinions xénophobes. Mme Carpentier est la grimace, sous le masque. Autant dire : la véritable expression d’un dogme de violence.
La liberté de Marine Le Pen n’est donc pas la nôtre, tout comme le respect des femmes tel qu’envisagé par Mme Carpentier n’est pas le nôtre.
À qui verrait encore le Rassemblement National comme porte-drapeau de l’entraide, de l’union et du respect des êtres humains, nous répéterons ces paroles de l’attachée de presse de Marine Le Pen, nous les réécrirons si nécessaire, afin que les discours et écrits de Mme Carpentier comme de sa chef de parti se révèlent pour ce qu’ils sont.
Une grimace ; un ignoble tissage de haine.



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