Aujourd’hui une jeune femme m’a demandé de l’aide. Elle était assise sous un abribus, semblait éprouver des difficultés à respirer et tremblait. Et la seule chose qu’elle m’a demandée c’est de rester avec elle le temps que son Uber arrive. Elle m’a expliqué être épileptique et que la seule chose dont elle avait besoin c’était de rentrer chez elle et de dormir lorsque je me suis inquiétée d’appeler plutôt le SAMU, et après m’avoir répondu qu’il ne comprendrait rien.
Je me suis assise à côté d’elle et elle a posé sa tête contre mon épaule, des pensées malsaines m’ont traversées l’esprit, « serait-ce une nouvelle arnaque ? Quelqu’un va arriver et me voler mon sac. » alors je serrais mon sac plus près de moi, et guidée par mon hypocrisie et mes contradictions la regardait de plus près, eut peur qu’elle s’endorme et lui demandait « ça va ? » « Oui ça va aller » me répondit-elle.
Un peu plus tard dans l’après-midi j’ai vu un homme qui semblait perdu dans son propre univers, il gesticulait seul, parlait seul et a bien failli se retrouver le nez sur le bitume, seul.
Globalement, les gens ne vont pas bien. Et cela ne se perçoit pas forcément.
Ce billet voudrait s’insurger contre l’individualisme, contre l’égoïsme, contre les œillères que nous portons tous, il se voudrait paix et amour là où il n’y a plus que haine et chaos. Mais ce serait hypocrisie et contradiction.
Nous ne sommes que construction sociale et conscience collective, il m’est apparu plus important que jamais de cultiver notre conscience de l’autre tout en rejetant l’individualisme.
Quand son Uber est arrivé tout ce qu’il a trouvé à dire c’est « elle ne va pas vomir ? ». Sa voiture l’importait davantage que la santé de la jeune fille qu’il transportait. Disons, qu’au moins, il allait l’amener jusqu’à chez elle, et pas l’enlever.
Ce billet se voudrait encourageant mais la personne qui l’écrit a beaucoup trop de travail pour se détacher de ce qu’elle voit et entend.


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