L’existence sans l’essence

1–2 minutes

·

·

De la Comédie à la Liberté, de la Bourse à la Concorde, ou de Bellecour aux Quinconques, les places des villes ont pour habitude d’accueillir en leur sein un grand nombre de rassemblements hétéroclites. Aujourd’hui, je tombe sur deux d’entre eux, si proches qu’il m’a fallu quelques minutes pour réaliser leurs différences, tant leurs chants s’entremêlaient dans une même mélodie accordée.

Le chant des premiers invoquait Jésus, gospel endiablé, quant à l’hymne des seconds, « Bella Ciao » en iranien, voulait donner de la force à ce peuple opprimé à quelques milliers de kilomètres de là-bas.

Les premiers imploraient une religion salvatrice, là où les seconds appelaient à une religion pacifique.

Étranges sons symptomatiques des contradictions d’une société désespérée.

Un point commun devrait pourtant en émerger : l’amour de son prochain. Quel malheur cependant de constater que le besoin de sens de l’être humain mène si souvent à la violence. Car il ne s’agit que de cela, la sempiternelle quête de sens commune à tous, ce besoin de comprendre et de se comprendre. D’où viens-je et comment mener ma vie (pour les uns), comment soutenir de loin (pour les autres) et combien vous dois-je pour le café (pour moi) ?

En repassant un peu plus tard, j’ai réalisé que, non seulement les deux groupes s’étaient séparés de quelques mètres -sans doute que suivre deux mélodies, simultanément, devenait compliqué-, mais qu’en plus un troisième s’était rajouté, non moins acquis à sa cause. Il s’agissait de danseurs de rues, et sans nul doute, c’était dans celui-ci qu’il y avait le plus de monde.

En partant du principe que le divertissement est devenu l’opium du peuple, il n’y a finalement que peu de différence avec les deux groupes précédents.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Soleils rouges

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture