L’attente en gare

1–2 minutes

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Mon train a deux heures de retard, comme d’habitude, dans la gare résonne Ludovico Einaudi, joué par un inconnu, non moins illustre.
J’y croise des vendeurs de courges et patates, des femmes en pyjamas, d’autres visiblement échappées depuis peu d’hôpitaux -psychiatrique à leur allure-, d’autres, comme moi, ont choisi de se procurer un énième café, accentuer les nerfs d’être bloqués dans une gare ne suffisant visiblement pas et d’autres, qui ont l’air de n’avoir aucune envie d’être là, comme submergé par l’ennui, l’attente fixé sur les traits du visage. Je surprends une conversation « je sais que tu n’es pas le couteau le plus aiguisé du tiroir mais fait un effort… ». Je n’avais jamais pensé à la violence de cette expression, imaginez : « je sais que t’es pas la meilleure graine de la forêt  » ou « je sais que t’es la wifi la plus lente du village » ou « je sais que t’es pas la serviette qui sèche le mieux » ou « t’es pas l’ampoule qui éclaire le mieux »…
En revenant, un enfant a pris la place de l’illustre inconnu, ces Tim Tim Tim ou ces toum toum toum ont l’air bien plus aléatoires et assourdissants.

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