Aujourd’hui, j’étais en avance à ma séance de cinéma hebdomadaire, peu de monde, tout le loisir de dévisager la salle et blaguer avec mes voisines de moment suspendu cinématographique. Je les entends parler du cinéma, l’apprécier, l’aimer, et commenter « c’est drôle ce tableau, inattendu et en même temps ça colle avec les gens qui viennent voir ces films, sans popcorn ni téléphone ni discussion pendant la séance », c’est vrai, c’est ce que j’aime ici, « oui vous avez vu ce tableau, cette mamie qui implore, on ne sait pas qui elle implore, moi je pense à un enfant mort… » ah bon d’accord, « et dans l’autre salle le confessionnal, c’est fou aussi ! » Oui !
La conversation dérive sur les polémiques sur Jean-Marie Le Pen, ma voisine rit, poliment « on sodomise les mouches », il aurait Alzheimer, « il a bien ce qu’il mérite ».
Les drôles d’appliques murales en forme d’écu s’éteignent, petit à petit et « La fiancée du poète » démarre, doucement.
Doucement, parce que j’ai trouvé le début lent, comme lorsque le soleil prend la matinée pour se lever. Mais finalement, ce film m’a laissée une impression onirique, comme si Yolande Moreau nous avait offert un morceau d’un de ses rêves, Freud serait ravi.
Ce poème en image est rose pâle, entre l’aube et la brume, sans soleil fort, sans émotion brute, mais tout en douceur, dans les nuages.
À ceux qui l’ont vu :
« Daydream, I fell asleep amid the flowers. »
La fiancée du plombier, c’était moins subtil comme titre…
À ceux qui ne l’ont pas vu :
Ne vous arrêtez pas à une première impression molle, mais lovez-vous dans le nuage que Yolande Moreau vous tend.


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