« The old oak » ou pleurer ensemble

1–2 minutes

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Ça fait 3 ou 4 dimanches que je vais au cinéma. J’ai toujours aimé ça et pour une raison qui m’échappe, j’avais arrêté d’y aller… Sans doute parce que malgré mon amour pour l’oisive contemplation, ma vie aussi va à 100 à l’heure.

Tout le monde le sait que nos vies vont trop vite et qu’on se perd dans la vacuité du numérique, mais vous souvenez vous de l’importance du temps pour soi ? Mes deux heures (ou 3, je ne suis pas encore allé voir le dernier Scorsese) de cinéma sont deux heures où mon téléphone est éteint, plus quelques minutes avant la séance où je ne fais rien d’autres qu’entendre les conversations des autres.

Comme je vais à l’Utopia près de chez moi, les têtes que j’aperçois sont grisonnantes, colorées ou permanentées. Elles parlent des soucis de santé de leurs proches, de leurs anciens collègues, de leurs souvenirs, lointains et pourtant si vifs.

Je sors du dernier Ken Loach, pas très joyeux comme d’habitude, mais porteur d’espoir pour l’humanité, dernière ses murs gris et briqués, j’ai vu les larmes de ma voisine, entendu le rire de mon voisin… J’ai été ému, j’ai ri aussi. 
Nous avons ri et pleuré, ensemble.
Et ça, c’est fort dans le contexte actuel.
C’est ce dont j’avais besoin après avoir éteint la radio.

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