Avant le début du film, il y a toujours un instant un peu suspendu, d’attente, d’excitation, de questionnements, j’imagine, “C’est quoi nos places ? – On n’en a pas. – Comment ça, on n’a pas de place ?” On est dans un vrai cinéma, cher co-spectateur.
Quelques minutes après le début du film, une femme âgée arrive tout flash allumé, pardon, pardon, la voilà assise : “Quel fim est-ce ici ? – Daaaaaali – Ah !”
Bien.
Il me semble qu’il y a deux catégories de personnes : ceux qui sortent avant la fin du générique et ceux qui attendent. Ce film dont je ne sais toujours pas s’il est fini ou non, nous a obligé à nous ranger tous du même côté, suis-je en train de rêver ? Vais-je voir un curé et un cowboy ? Mise en abyme dans les contradictions abyssales du grand artiste, ode à la décompréhension ? Dès la scène d’ouverture où Dali piétine dans un couloir interminable, le réalisateur pose les bases : rien ne fera sens et c’est bien ce qui nous transporte, un surréalisme à la hauteur de l’artiste. Démence à hauteur de génie, en sortant, j’ai eu envie d’apprendre tout de la vie de Dali, mais aussi de faire du cinéma, tant les couleurs, les décors, les contrastes, les lieux, les objets m’ont semblé précis, à leur place.
Le métier de journaliste n’a pas toujours l’air facile.
6 « A » pour 6 acteurs, malin.


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