J’aurais pu ne pas écrire.

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La vie peut-être si douce. Ce matin, j’ai entendu une émission à la radio où un certain Charles Noyau répondait à la question d’une auditrice « Reconnaît-on le bonheur au bruit qu’il fait en partant ? » elle citait en fait Prévert, qui l’a affirmé. La réponse de Monsieur Noyeau était de l’ordre du « Oui mais ». Mais on peut apprendre à reconnaître le bonheur en se demandant ce qui aurait pu ne pas être. Mes parents auraient pu ne pas se connaître, cent fois, il est vrai. J’aurais pu ne pas connaître mes amis, mon amour.  J’aurais pu ne pas vivre dans cette ville.

Le soleil aurait pu ne pas briller aujourd’hui. J’aurais pu décider de rester chez moi. J’aurais pu ne pas être une afficionada des balades contemplatives. J’aurais pu ne pas faire de photographie. J’aurais pu ne pas faire cette photo. J’aurais pu ne pas entrer chez cette encadreuse étrange, qui aurait pu ne pas m’amener chez ce photographe fermé. J’aurais pu ne pas faire ces quelques pas qui m’ont mené place de la Canourgue. Et j’aurais donc pu ne pas entendre cet air de bossa nova.

La vie est douce. Obrigada.

J’aurais pu ne pas écrire.

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