Adorateurs des mois chauds, faites débuter l’année au jour que vous voudrez. Les obscurités glacées de janvier sont bien peu propices à une naissance – j’aime autant que ce soit le soleil qui m’enfante !
Je n’aime rien tant que cette soudaine libération de l’esprit. C’est une chrysalide morne dont je me détache, et j’abandonne de vieilles pensées pour une moisson de félicité.
Tant de semaines durant nous cherchons en vain nos harmonies, puisant un peu d’espérance sur un visage tendre, recueillant un peu d’amertume aux lèvres d’un autre. Et pour accompagner ces errances, les mêmes ciels qui peinent à s’entrouvrir sur le splendide bleu, le bleu qui n’a pas d’égal excepté en certaines vagues de la Méditerranée.
Voici où nous en sommes, aux jours de juin et de juillet : le regard troublé, subjugués par cette surprise survenant chaque année. Déjà les semaines précédentes une caresse nouvelle avait facilité nos sourires. À présent nous ne pouvons plus le nier, les pluies de mai se sont dispersées dans les cieux et dans la terre ; le soleil à nouveau nous appartient.
Vécus, éprouvés, la chaleur et la lumière, comme le sel de la mer et l’ardeur des vagues achèveront de nous réveiller et nous nous tiendrons enfin, à nouveau, debout sur notre propre centre, non plus agités de gauche et de droite par des douleurs que l’on maudit et des culpabilités que l’on augmente. Enfin, voici revenus les temps de gloire – l’été.
Le corps, il va sans dire, est quant à lui satisfait. A quel point il nous est facile de vivre presque nus, à quel point nous pouvons nous blottir dans cette saison parfaite, voici ce que l’été nous apprend encore, comme chaque année.
Le reste de l’année, d’ailleurs, nous importe peu. De même que ces lieux où nous nous lasserons de nos propres épuisements. Qu’importe, pourvu que sur ces paysages des gouttes et des vagues de lumière, sans cesse, tombent.



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