Clapton

1–2 minutes

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Nous avons nos cathédrales. Ici, le nom dont on affuble le divin n’est jamais prononcé, comme un mystère ou un miracle à rebours. Le mot, ici, comme la prière, est musique.

Nos cultes sont singuliers : nous les vivons par milliers, assis dans le noir. Lui, éclairé par la lumière, garde les paupières closes pour mieux plonger dans le ciel.

Par instants c’est le claquement de la foudre, c’est le tonnerre de la mer. Par instants c’est l’intime parole accompagnée par une guitare sèche. La fragile magie renaît et nous vivons la seule gloire concevable – le bonheur.

De beaux instants jalonnent nos vies et certains, comme celui-ci, purifiant les attentes malheureuses puisque déçues, nous ramènent à nous-même. Pour ne plus attarder nos regards sur les salissures, pour garder encore la lumière dans la poitrine et nos pas loin de la falaise à pic face à la mer, nous venons le voir et l’entendre, lui, avec cette voix qui ne plie pas et chante à soixante-dix-neuf ans ce qui nous faisait chanter déjà lorsque nous en avions dix-sept.

Sur ces gradins aveuglés d’obscurité, des lumières éparses frémissent et se lient les unes aux autres, lucioles millénaires – unis, tous unis dans la joie et la véritable communion.

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