On peut lire dans le Carnet 19 de Flaubert, tandis qu’il composait le scénario de son roman Bouvard et Pécuchet, la note suivante. Elle suit une courte description physique de ses deux héros : « contraste et pourtant ils se ressemblaient »
Et c’est là toutes les amitiés du monde, toutes les sincères amitiés à leur début ou leur firmament, résumées en six mots.
Voici l’amitié, celle des temps antiques et celle de nos mondes hallucinés. Cet étrange amour qui va des cours de récré aux fauteuils mitoyens d’un hospice nous est à jamais un mystère, une beauté. Pourtant, pour être beau et mystérieux, ce n’est pas un sentiment qui supporte d’être vague. Il ne peut être ondoyant, sans réelle substance, sans affection pure et sincère. Sans le secours de la flamme il se désagrège, et son épuisement rend à leur détresse ses deux protagonistes. On connaît les hommes et femmes aux mille relations, mais il s’agit de connaissances et non d’amitiés réelles – distinction d’importance puisqu’elle n’apparaît qu’avec plus de vivacité lorsque l’un croit vivre une amitié dans laquelle l’autre n’apporte qu’une part nonchalante et « désaffectée » de son être.
Voici pour les nuances. Il est vrai, je ne parle ici que d’un roman et à la fois n’y pense pas vraiment : Bouvard et Pécuchet sont l’exemple d’une amitié suprême, mais sous les rayons de laquelle nous pouvons voir toutes les nuances de ce sentiment. Amitié suprême et caractéristique en ce sens que ces deux personnages ne connaissent d’autres amis qu’eux-mêmes, et s’en portent très bien. Or, la moindre expérience de la vie nous apprendra qu’on ne saurait consacrer une égale affection, une empathie attendrie et retrouver avec la même sincérité dix, vingt, trente ou soixante êtres comme on en retrouve un seul.
S’unissant jusqu’à la suffocation, des amitiés se brisent comme les amours que la passion assèche. Mais ce ne sera pas le cas de nos deux amis, dont la seule Raison semble s’être rassemblée sur ce talent indéniable : leur amitié et leur talent pour vivre et faire vivre ce sentiment. Les leçons qu’ils nous donnent sur ce sujet sont secrètes, cryptées, et tiennent toutes dans ce roman merveilleux qu’est Bouvard et Pécuchet.
Il faut avant tout noter que cette amitié suprême n’a dans ses apparences rien d’exceptionnel. Le plus saugrenu de leur vie réside peut-être dans cette colocation à quarante-sept ans passés, ménage qui nous semble une pudeur d’époque pour dissimuler quelque affection homosexuelle. Non, en vérité, l’explication est plus simple : ce sont deux amis qui, heureux ensemble, décidèrent de vivre côte à côte.
Le saugrenu tient sans nul doute dans la simplicité de leur amitié. Son commencement relève de l’évidence, sa poursuite également. « Chacun en écoutant l’autre retrouvait des parties de lui-même oubliées ; – et bien qu’ils eussent passé l’âge des émotions naïves, ils éprouvaient un plaisir nouveau, une sorte d’épanouissement, le charme des tendresses à leur début. » Ailleurs, Flaubert le dit mieux encore : « Ainsi leur rencontre avait eu l’importance d’une aventure. Ils s’étaient, tout de suite, accrochés par des fibres secrètes. D’ailleurs, comment expliquer les sympathies ? Pourquoi telle particularité, telle imperfection indifférente ou odieuse dans celui-ci enchante-t-elle dans celui-là ? Ce qu’on appelle le coup de foudre est vrai pour toutes les passions. »
S’ils entrent en désaccord, l’orage se disperse en peu de temps. Reflets dans un miroir perdu, parfois ils se fâchent, jamais ne s’abandonnent.
Un autre exemple significatif : s’essayant à la Phrénologie (avec une majuscule, employée à dessein par Flaubert) et s’examinant les crânes, quel est le fruit de leurs observations ? « Ce qui les surprit davantage, ce fut de reconnaître chez l’un comme l’autre le penchant à l’amitié ; – et charmés de la découverte, ils s’embrassèrent avec attendrissement. » Après plus de vingt ans côte à côte ! Comme en ce lointain jour de leur première rencontre, si chaud pour la saison, ils s’étonnent, s’émerveillent et se félicitent de s’entendre aussi bien.
Pour être « absolue et profonde » l’union de ces deux êtres n’est pourtant pas exempte de grandiloquence. La plus belle moquerie de Flaubert réside justement dans sa critique de l’époque romantique, et ses effusions désordonnées. Prenant pour prétexte une détresse passagère de ses deux héros, il démontre toute l’absurdité de leur esprit d’imitation – le nôtre ? Pécuchet, las de tout, souhaite soudain mettre fin à ses jours :
« – C’est infernal, une vie pareille ; j’aime mieux la mort. Adieu.
Il prit le flambeau, tourna les talons, claqua la porte.
Bouvard, au milieu des ténèbres, eut peine à l’ouvrir, courut derrière lui, arriva dans le grenier.
La chandelle était par terre – et Pécuchet debout sur une des chaises avec le câble dans sa main.
L’esprit d’imitation emporta Bouvard : – Attends-moi ! Et il montait sur l’autre chaise quand s’arrêtant tout à coup :
– Mais… nous n’avons pas fait notre testament ?
– Tiens ! c’est juste ! »
Le bêta suit le bêta jusque dans son suicide ! Ou est-ce une preuve, combien extravagante, que l’amitié est éternelle ? J’y vois plutôt la preuve de son caractère mortel, et sur lequel je reviendrai bien vite. Avec quelle agressivité Flaubert ridiculise le beau sentiment d’union au travers de cette pantalonnade de suicide réfléchi, d’un stoïcisme bourgeois !
Éternelle, l’amitié ? Cosmique, peut-être ? Jamais. L’amitié est le sentiment le plus terre-à-terre qui se puisse concevoir. La condition de son existence réside justement dans ce face à face d’humain à humain – au-delà des yeux qui se rencontrent, des épaules qui se touchent, l’amitié n’est plus qu’un souffle d’ectoplasme, une vision qui s’évapore. Cela étant, ici comme en d’autres matières, nous aurions tort de réduire le problème à son seul aspect physique ; combien d’unions amicales formidables furent vécues de lettre en lettre, des années durant, au fil d’une touchante correspondance ?
Car enfin, posons tout net la question : qu’est-ce qui pousse deux êtres (au moins) à s’adorer de la sorte ? À en croire beaucoup, l’amitié serait possible et belle puisque désincarnée ; dit autrement, elle serait pure puisque détachée de toute sexualité. Or, des exemples nombreux prouvent que l’union charnelle peut n’avoir aucune incidence sur le sentiment amical, quand elle ne lui fait pas gagner en force et en tendresse. Pour d’autres, un homme ne saurait être lié d’amitié avec une femme ; je ne m’attarderai pas sur une telle imbécilité.
Pourquoi deux amis sont amis ? Sans doute parce que la simplicité de l’amitié est la garantie de sa survie. Cette simplicité réside dans son absence de codes. Le couple, marié ou non, tout comme les célibataires, sont conviés de toutes parts à obéir : ils ne sauraient faire preuve d’originalité sans être aussitôt méprisés par leurs contemporains. Or, concernant l’amitié, il n’est rien de plus qu’une somme de représentations contradictoires. Sans trop chercher, l’image de deux lurons (quel que soit leur genre) riant et s’exaltant côte à côte peut apparaître à nos esprits. Mais cette vision ne peut constituer pour autant un recueil exhaustif de ce que c’est, un(e) ami(e) et un(e) ami(e).
Une telle liberté permet le déploiement d’une variété incroyable, et qui sur l’espace d’une vie peut prendre plusieurs faces. Personne n’est ami comme d’autres le sont. Des ressemblances et dissemblances font craindre parfois d’impossibles alliances, donnant lieu à ces formidables jeux de hasard que sont les « groupes d’amis » où les paires, trios et quatuors se mêlent ou se désaccordent à loisir.
Non, vraiment, vous ne sauriez peindre l’amitié sans manquer votre œuvre. Tous les codes subtils et souvent stupides que chacun croit tacites et qui ne le sont pas unissent deux êtres au moins et ce pour quelques jours, une saison ou une vie. Bouvard et Pécuchet recèle de ces délicates attentions, petites fâcheries vite apaisées, confiance sans réserve, attentive écoute. Pour être la peinture de deux bourgeois bien bêtes quoique fascinants pour leur esprit de curiosité (ou de curiosités, comme on le dit des cabinets) l’un et l’autre nous sont proches, par bien des aspects. Ainsi, une nuit, ils s’émerveillent à deux des étoiles : « Ils parlaient ainsi, debout sur le vigneau, à la lueur des astres – et leurs discours étaient coupés par de longs silences. »
Alors ? Si bête que cela, les deux amis ? Le seul élément de leur vie qui ne semble pas contaminé par la Bêtise, c’est bien cette union sublime jamais remise en question… exceptée en une seule occasion, pour un très court, très drôle et très intéressant épisode.
Voyons le chapitre VII, chapitre de l’amour ou plutôt, comme sur tous les autre sujets qui se présentent à l’esprit des deux compères, la vision qu’ils s’en font, vision partielle – et ridicule, comme il se doit dans ce roman.
Le sentiment amoureux éprouvé pour une autre, deux autres personnes, éloigne les deux inséparables. Cet état de fait est noté en une phrase lapidaire, d’une violence inattendue. Pécuchet est tout secoué après avoir vu Gorgu et Mme Castillon se livrer à un spectacle drôle et pathétique en soi, celui des amants de romans qui surenchérissent sur les exaltations de l’autre – c’est à qui sera le plus enamouré, le plus désespéré, le plus cruel. Bouleversé, Pécuchet « trouvait le ciel injuste, se sentait comme déshérité, et son ami ne l’aimait plus. Bouvard l’abandonnait tous les soirs. » Pour une femme : son fidèle ami s’en va séduire la veuve Bourdin.
Pour la première fois, et dans le rêve uniquement, Bouvard envisage de quitter Pécuchet pour rejoindre la maison de Mme Bourdin. Pécuchet quant à lui s’imagine fuir en Algérie avec leur domestique, dont il s’est épris. Évidemment ils n’en feront rien et du reste le chapitre en s’achevant clôturera leurs effusions respectives, l’un ayant retiré une maladie vénérienne de son dépucelage et l’autre s’étant fait roulé par sa Dulcinée pour de basses questions de propriété. Alors, comme deux bons bourgeois de boulevard les deux amis désemparés se jurent fidélité et tournent pour toujours le dos aux femmes, comme ils ont précédemment tourné le dos à la géologie, l’histoire ou la chimie, avec ce même haussement des épaules dégoûté, cette même déception rageuse, presque une réaction boudeuse.
Pour légère et gaudriolique que puisse être cette conclusion au chapitre amoureux, il y a une véritable sagesse et une observation très fine dans cette séparation soudaine. Pour la première fois depuis le début du roman cette amitié sans mensonges vacille. Mais rassurez-vous, cependant : ce danger est romanesque, seulement.
Parce que Bouvard et Pécuchet est roman de l’amitié autant qu’il est roman de la Bêtise, les deux amis ne pouvaient être amoureux au-delà d’une séquence. Si l’histoire s’était poursuivie avec les deux Belles additionnées, la teneur, la sincérité, la beauté de leur sentiment amical en aurait été bouleversé, métamorphosé, et la logique comme la mécanique du roman tout entier n’aurait su demeurer la même.
Je crois que nous ne saisissons pas toute la détresse qui se cache dans cette phrase s’achevant et cette autre qui la suit. Une mort en soi : « …et son ami ne l’aimait plus. Bouvard l’abandonnait tous les soirs. »
Qu’est-ce qui dénature un sentiment si beau ? Face à l’amour de l’autre qui s’éloigne et s’enfuit, que reste-t-il de l’amitié, si ce n’est une ombre qui peu à peu elle-même s’oublie ? Est-ce ce temps rassemblé qui soudain se trouvant divisé désarçonne et bouleverse ? A moins que ce soient les intérêts qui changent, laissant voir dans un visage amoureux de nouveaux paysages, plus attrayants ?
Ici Flaubert s’exprime d’abord avec sa sensibilité. Il avait eu, comme un autre, son histoire d’amitié. Alfred Le Poittevin une fois marié lui fut retiré, du moins est-ce la perception de Flaubert. Ce chagrin se couple à une autre sensibilité, plus lointaine encore pour l’auteur : celle qui l’attire vers les clichés, et donc vers la plate bêtise. Il n’a donc pas le choix : il lui faut bien adresser la croyance voulant que les amours brisent systématiquement les amitiés. Et pour que le cliché soit complet, il est évident que ce sera d’une femme, malfaisante tentatrice, que viendra la tragédie de la séparation.
Mais nous serions bien bêtes à notre tour si nous ne pouvions voir qu’une seule facette au chapitre de l’amour. Au-delà du comique, au-delà de l’autobiographie cryptée, Flaubert nous propose un miroir. Et oui, disons-le : il est un repli instinctif de l’ami soudain esseulé autant qu’il est un éloignement de l’autre ami, enamouré. Pudeur, rancœur, gêne et silences font d’une unité duelle soudain deux êtres uniques qui s’éloignent, s’éloignent, comme s’ils ne s’étaient jamais trouvés. D’une façon irrésistible, l’amour rend les amis à eux-mêmes, et dessille leurs yeux. Soudain, il leur faut voir la mortalité de leur union.
Car l’amitié est l’exact contraire de l’infini. L’amitié est vouée à disparaître, s’effondrer un jour, indéniablement. Elle se brise rarement comme un verre éclate ; souvent elle agonise. Personne n’assassine personne et au fond l’amitié n’est pas même un totem – personne ne se détourne donc d’un symbole sacré. L’amitié qui meurt éveille avec la gêne ce silence inconfortable qui jamais ne su exister auparavant. Désormais, ce silence atroce est banalité, et l’amitié ne peut plus exister une fois sa tendresse refroidie, ses joies complices minorées. Et de ne plus supporter ce bruit gigantesque les deux amis préfèrent encore l’exil et oublier qu’il a pu exister un jour entre eux une intimité. L’indifférence est peut-être ce qui tue l’amitié, mais ne croyez pas que cette indifférence soit volontairement cruelle, ou calculée ! On s’en console avec des « C’est comme ça » et des « On n’y peut rien » qui ne sont pas systématiquement mensongers ; le plus souvent on ne dit rien, trop honteux d’avoir changé au point de mépriser une entente fort douce.
Encore une fois, l’amitié n’est pas l’infinité. Finie, finissant, elle renvoie l’ami délaissé à cette solitude d’avant, lorsqu’il n’avait pas échangé toutes ces confidences, partagé toutes ces blagues et ces plages, lorsqu’il vivait une vie dont il faisait le récit plein ou du moins rarement incomplet à un autre être – la figure d’amitié.
Ici, on le devine, je fais peu de cas de l’amitié pour manuels scolaires, à savoir celle de Montaigne et La Boétie. « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi », belle formule, mais quant à ces trop célèbres partenaires je ne peux les envisager autrement qu’en cas particulier d’un cas particulier. L’un est mort, l’autre survit, ce schéma n’a que peu à voir avec l’amitié comme je l’entends. L’union dont je parle ici est humaine, très humaine. Elle se situe dans la palpitante matière des jours qui passent, non dans la langueur pénible du souvenir et du deuil. Et l’amitié, ranimant à chaque retrouvailles la vie dans la vie elle-même, lorsqu’elle meurt petit à petit sans que rien n’y fasse semble être la profanation de l’amitié elle-même. Une parodie, une complaisance.
Les luttes pour sauver une amitié ne s’achèvent qu’aux tout derniers instants, et il est rare que tout semble perdu. Ainsi, il est plus d’une union qui ne s’éteignit qu’après de nombreux soubresauts. La plus commune des défenses, la plus rapide à s’élever, est l’accord entre les figures. « Je suis contente que vous vous entendiez bien tous les deux. » Comme s’il était soudain possible de rattraper des semaines, des années de joies secrètes, de partage et de mémoire ! Mais le nouveau visage ne peut que rarement s’accorder avec les deux autres. Après tout, il n’est pas si simple de s’entendre avec n’importe qui, et les activités comme les dialogues avec le nouvel acteur n’ont pas la fluidité ou l’allégresse d’autrefois.
Alors, bon gré ou mal gré, l’amoureux s’isole avec le nouvel être, devenu le seul. Et le plus drôle dans cette banale déliquescence est la manière dont le couple ignore tout de cette amitié mourante. Pourquoi l’amoureux se soucierait-il du visage avec qui auparavant il s’entendait si bien ? On le comprend fort, l’amour est un art autant qu’un jeu de préférences. Parfois un pincement au cœur ou un souvenir ressurgissant fera regretter à l’amoureux cet ami, cette amie qu’il pourrait rappeler, retrouver sans le chéri à leurs côtés… mais ce ne sera qu’une mélancolie passagère. Du reste, cette élection est purement inconsciente, quasiment involontaire. Excepté le nouvel élément qui, bien sûr, ne veut pas être à son tour délaissé, personne ne s’interroge vraiment : le choix est déjà fait. Elles meurent ainsi les amitiés, dans cette floraison autre, englouties par un soleil différent.
Mais ici les ombres m’intéressent. Dans un précédent texte, Des amours du couple1, j’ai évoqué de quelle manière les êtres sous couvert d’amour abandonnent ce qui faisait leur charme, leur singularité, leur liberté, parfois. Peu de trahisons me bouleversent autant que les trahisons envers soi-même – et le rebelle d’hier devient bourgeois satisfait, et l’esprit libre se sclérose jusqu’à accepter tout sourire les pires paroles de mépris. Comment s’étonner dès lors que l’ami devenu amoureux prenne d’autres traits à son contact ? De telles métamorphoses, parfois stupéfiantes, ne sont pas rares.
Et rédigeant ces mots, je ne sais si je m’exprime depuis des temps oubliés ou des mondes lointains. En tout cas, et je le déplore, ces paroles ne sont pas d’actualité : de nos jours, le couple est confondu avec l’amour et l’amour séparé de l’amitié. La misérable époque que celle où les inégalités et violences du couple hétérosexuel monogame vous échappent ou vous séduisent ! Vous ne remarquez pas et ne voyez plus le petit copain qui coupe la parole à son « amour », puis parle à sa place, puis dénigre toutes les femmes sauf elle, puis l’humilie à son tour, puis brise des objets lors d’une dispute, puis… est-il nécessaire de poursuivre ? C’est un fait, contre lequel je m’indigne : l’esprit troublé par de méchants modèles ne voit guère ce qui devrait l’inquiéter.
L’amitié, elle, pendant ce temps, s’éteint sans bruit. Durant cette mort lente, la consolation semble une mauvaise plaisanterie. Il est vrai, d’autres unions ont survécu à d’autres souffrances ; bien d’autres n’ont pas su. Et puis l’amitié, au fond, est-il vraiment nécessaire d’en faire toute une histoire ? Est-ce que c’est si important que ça ? Et puis, l’amitié… qui sait vraiment ce que c’est ?
Les amis savent, comme les amis, avant de se séparer, savaient.
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